La croisée des chemins (RP avec Androméda Khaldun)

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La croisée des chemins (RP avec Androméda Khaldun)

Message par Benoit Lacombe le Ven 28 Aoû - 20:54

Il ne savait pas pourquoi il s'était dirigé vers la prison, ce matin-là, après son service de nuit en tant que Veilleur. Il n'avait même aucune idée ce dont ils allaient parler. Lui-même allait que très rarement vers certaines personnes, et trop de conflits internes faisaient en sorte qu'il était bourré d'incertitudes bien différentes de celles dont il était normalement habitué.

Il ne savait pas pourquoi il s'était dirigé vers la prison, ce matin-là, après son service de nuit en tant que Veilleur. Toutefois, bien qu'il ne le savait pas, une petit voix dans sa tête semblait vouloir vérifier quelque chose. Comme si son cerveau, ou peut-être était-ce son coeur, ou peut-être même son âme, était en train de réaliser quelque chose. Vérifier quoi, exactement? Lui-même ne le savait pas, mais il se dit que, peut-être il le saurait après avoir parlé à la prisonnière.

Il ne savait pas pourquoi il s'était dirigé vers la prison, ce matin-là, après son service de nuit en tant que Veilleur. Il ne le savait pas, mais se trouvait bel et bien devant sa cellule, ce matin-là. Incertain de la façon de commencer la discussion, Morato Zeder chercha Androméda Khaldun des yeux, dans la cellule.

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Re: La croisée des chemins (RP avec Androméda Khaldun)

Message par Sissi le Dim 30 Aoû - 1:50

La prison n'était pas plus propre, elle n'avait pas moins l'air d'une prison, elle ne semblait pas avoir changé au travers du temps.  Il y avait à certains endroits clés des membres de la Vigie qui n'avaient que la surveillance des prisonniers comme tâche.  Dans les cages, il y avait toute sorte de coupable, des voleurs, des drogués, des meurtriers et d'autres.  Aucun d'entre eux ne pouvait se vanter de recevoir un bon traitement, ni même d'avoir beaucoup de visite.  Il n'y avait pas non plus un grand nombre qui s’agençait avec le décors et pour qui on n'avait pas la moindre sympathie.  Il n'y avait pas un meilleur moment de la journée pour eux tous.  Du soir au matin, on entendait les combats constants qui faisait rage à la porte et ailleurs.  Et du matin au soir, on entendait les gens s'afférer à leurs tâches quotidiennes.  

Il y avait au travers des autres cette adolescente dont l'aventure s'était répandue comme une traîner de poudre passant au travers du village.  Il y avait beaucoup de choses qu'on colportait sur son affaire, probablement une part de vérité pour une part de mensonge.  Mais le village était comme il était et parler était l'une des activités principales pour les dames et aubergistes.  Et la Sealig dans tout cela?

Androméda se tenait dans sa pièce close dont les lumières matinales avaient de la difficulté à pénétrer.  Elle ne dormait pas vraiment, elle préférait essayer de méditer.  Combien d'heures, sur quoi, pourquoi?  Ce n'était pas encore très clair.  Ce matin-là, elle avait eu de la difficulté à entendre les rafales d'ennemis contre la porte sans pouvoir y faire quoi que ce soit.  Une certaine honte naissait de cette inaction.  

La Khaldun était à genou au milieu de sa nouvelle demeure et elle se tenait immobile à la recherche d'une certaine paix éphémère, mais obligatoire.  Morato n'était pas de ceux qu'on entendait venir de très loin et Androméda ne remarqua pas sa présence à son arrivée.  Ils eurent un moment silencieux où l'archer put prendre un regard sur l'immobilité de la captive.  Celle-ci semblait fixer un point en face d'elle, sans jamais tenter d'y décrocher.  Un clignement de yeux sans quoi on aurait pu croire qu'elle dormait debout.  Ce n'était pas son tour d'engager les conversations.  
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Re: La croisée des chemins (RP avec Androméda Khaldun)

Message par Benoit Lacombe le Dim 30 Aoû - 11:59

Morato Zeder n'avait porté aucune attention aux gardes et aucune attention aux autres prisonniers. Puis, rendu devant la cellule de celle qu'il était venu voir, il ne lui porta pas beaucoup d'attention non plus dès le départ, du moins, visiblement. Son regard, qui se posa d'abord sur la Khaldun qu'il vit en train de méditer, se promena sur le reste de la cellule, puis à ses pieds. Il ne savait pas trop comment engager la conversation. Il ne voulait pas non plus la brusquer pendant sa méditation.

Peut-être était-ce une erreur? Peut-être n'aurait-il pas dû venir? Peut-être pouvait-il rebrousser chemin sans qu'elle ne remarque sa présence?

Non. Malgré sa nature silencieuse, il avait le pressentiment qu'elle savait déjà qu'il était là et qu'elle attendait qu'il parle... mais pour quoi dire? S'il ne parlait pas, elle aurait probablement une mauvaise opinion de lui, se disant qu'il n'était pas assez avenant, pas assez courageux... mais s'il parlait et qu'il disait quelque chose de pas approprié, de trop peu engageant ou de trop engageant, il ne serait pas plus avancé.

De longues minutes passèrent où l'Huldres cherchait la bonne façon d'introduire sa présence et plus les minutes passaient, plus la situation semblait s'emplir d'un malaise.

Morato finit par rompre le silence en se raclant presque silencieusement la gorge.


- ''A-Androm-méda... C-Comment v-vous... vous portez-vous?''

Stupide. Encore une question stupide. Bien sûr qu'elle se portait mal, elle était dans une prison. Morato aurait bien voulu disparaître après un si piètre choix de début de conversation, espérant qu'elle ne le verrait pas d'un mauvais oeil, mais il décida tout de même de rester. Il partirait si vraiment le malaise devenait trop grand.

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Re: La croisée des chemins (RP avec Androméda Khaldun)

Message par Sissi le Lun 31 Aoû - 9:45

Androméda ne parut pas surprise, mais intérieurement elle l'était. Cette question, cette façon toute simple avec laquelle dans une situation plus normale, on abordait toujours la rencontre de quelqu'un. Par automatisme, elle avait posé cette même question des centaines de fois sans vraiment porter attention à la réponse. Mais ici et maintenant, elle semblait plus grave, moins invitante. Peut-être à cause de sa rareté, ou sa simplicité?

La jeune Khaldun n'arrêta de fixer le mur en face d'elle, elle était comme un roc, solide, silencieuse, immobile. Son introspection ne prit pas autant de temps qu'elle aurait pu l'imaginer. Quand elle s'adressa à l'huldre, elle ne parla pas très fort, un débit plus lent qu'à l'habitude. Malgré tout ce qu'elle voulait montrer, Androméda était épuisée d'être ici, l'inaction lui étant plus difficile que l'action.


- Étrangement bien, j'imagine. Je ne suis pas particulièrement à plaindre, même si je ne crois pas que personne n'échangerait de place avec moi. Comment vont les portes? Et vous-même?

Morato avait toujours le privilège de ne pas être jugé par Androméda comme elle l'aurait fait pour d'autres. De la pitié? De l'amitié? Ce n'était pas important, il était le contact qu'elle préférait ne pas brusquer. Son regard décrocha malgré la force de la méditation de la Sealig et bifurqua vers le sol où ses affaires étaient. Il y avait peu d'accessoire, sinon quelques vêtements. Même sa sacoche avait disparue dans la remise de ses biens. La seule chose qu'elle protégeait encore sérieusement était le livre qui était au dessus de tout le reste, Les Fleurs Du Mal.
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Re: La croisée des chemins (RP avec Androméda Khaldun)

Message par Benoit Lacombe le Jeu 3 Sep - 3:07

Le regard de Morato avait suivi celui de la Khaldun et s'était lui aussi arrêté sur la pile d'affaires lui appartenant, mais il le détourna rapidement, considérant regarder ses affaires personnelles comme une enfreinte à sa vie privée. L'Huldres se considérait très loin d'être digne d'enfreindre la vie privée d'Androméda. Il profita du fait qu'elle semblait encore dans une sorte de semi-méditation pour essayer de ressentir. Décidément, peu importe à quel point il essayait, il ne comprenait rien à la psychologie, et la sienne n'était pas plus compréhensible pour lui. Il chercha malgré tout à faire un effort. Faire un pas de plus, aussi petit soit-il. Il passa la scène qui se trouvait devant lui, cherchant des réponses enfouies très profondément. Non, elle n'étaient pas profondes. Il n'avait juste jamais fait cela auparavant. Puisque ça lui demandait toute sa concentration, il ne répondit qu'après un moment.

- ''M-Moi? Euh...''

Comment allait-il, en fait? Mal? Bien? La réponse facile, et celle qu'il était habitué de donner, était simplement un hochement d'épaules, pour montrer une sorte de détachement. La réponse réelle habituelle était qu'il n'allait pas bien, qu'il était angoissé par la discussion qu'il avait. La réponse d'en ce moment, toutefois... lui-même ne le savait pas. Il se sentait comme s'il avançait un chemin de barbelés au bout duquel il y avait une lumière qui était fort probablement claire, bien qu'il espérait qu'elle soit flamboyante, aussi infiniment minime en soient les chances... et plus il avançait vers cette lumière, plus il avait l'impression qu'elle était simplement claire. Peut-être avait-il tort d'espérer qu'elle flamboie. Peut-être n'y avait-il pas droit. Si tel était le cas, il faudrait qu'il se contente d'une lumière claire. Tant qu'il y avait toujours une lumière, c'était au moins ça. Sans lumière, il ne saurait pas comment avancer. Et tout ça, en fait, il n'en était conscient qu'à moitié et n'en comprenait que la moitié de cette moitié, mais l'émotion était quand même là.

- ''Je... Enfin... Les portes v-vont bien... Eris f-fait du... du bon travail. Je s-suis c... convaincu qu-que E-E...Erich Marx est... fier d'elle.''

Il avait éviter la question. Ça, au moins, il le savait. Était-ce une erreur? Probablement.

- ''J-Je... Je vais... bien.''

Réponse passe-partout. Il était encore bien loin d'être à l'aise de parler de ses émotions. Encore bien loin.

Les yeux de Morato se rapprochèrent de ceux de la Saelig, bien qu'ils ne croisèrent pas les siens totalement.


- ''A-Androméda... A-Avez-v...vous vraiment...?''

Il ne termina pas sa phrase. Il ne le pouvait pas. Il voyait cela comme porter une accusation directe envers elle, et il en était incapable. Considérant la situation, toutefois, il était difficile pour elle de ne pas comprendre à quoi il faisait référence.

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Re: La croisée des chemins (RP avec Androméda Khaldun)

Message par Sissi le Lun 7 Sep - 22:28

Ainsi, cette question revenait encore.  Son regard s'échoua au sol, une pointe de culpabilité ou de tristesse.  Avant de pouvoir répondre, elle devait étouffer un brasier d'émotion qui l'empêcherait d'être rationnelle et cohérente.  Qu'est-ce qu'apportait des heures de méditations quand une demi phrase détruisait tout ce qu'elle créait au file des jours?  

Sa descente au enfer ne faisait que commencer après tout.  Le jugement n'avait pas été donné, aucune conséquence n'existait encore pour elle, même le magistrat restait distant ou muet face à l'affaire.  Androméda croyait que la vigie la maintenait dans l'ignorance de façon volontaire, pour faire durée la peine.  Mensonge que personne n'était au courant maintenant et que la question n'était pas résolue.  On étoufferait l'affaire...  comme tellement d'autre avant si personne ne faisait quelque chose.  

Le pire restait de se voir dans la situation.  On pouvait toujours faire semblant.  C'était quand on se regardait soi-même qu'on ne pouvait pas se mentir autant.  Et cette sensation d'étouffer dans une foule, d'être l'anonyme au coeur du village.  Une inspiration après l'autre, puisqu'il faudra bien répondre de nouveau.  Une expiration après l'autre, pour arriver à faire le pas dans l'imaginaire des gens.  Pour détruire la petite fille devant eux et en créer un monstre.  Jusqu'à éradiquer la jeunesse pure qui lui collait à la peau et éveiller une toute autre image.  


- J'ai...

Qu'est-ce que cette vérité lui avait apporté?  Quand même bien qu'elle voudrait poursuivre après, ce serait fini.  Pour simplement descendre encore plus bas.  Cette idée d'avoir tout détruit, jusqu'à sa moindre chance de partir d'ici.  Cette pensée de vouloir revenir en arrière et garder tout cela en dedans.  Ou revenir plus loin et n'avoir jamais rien fait du genre.

- Je suis...

Quand ses regards plein d'espoir venaient lui poser la question, elle repensait aussi à sa classe.  Des enfants qui ne comprenaient pas, comme ses gens qui venaient lui demander cette question.  Et c'était si compliqué de leur répondre, qu'à chaque fois, c'était comme la première fois.  La jeune sealig avait essayé de le dire tellement de fois sans que personne ne l'écoute et maintenant ici, tout le monde voulait l'entendre le redire.  Elle ravala une autre émotion qui faisait naître la tempête en elle.  La Khaldun fit comme on lui avait si bien appris.  Elle écarta le plus possible ses sentiments pour s'en remettre au fait, dure et froid.  Sa voix arrêta d'hésiter, bien qu'elle ne pouvait pas faire le vide complet en elle et éloigner toute trace d'émotion.  

- Oui, je l'assume.

Mais cette force, elle ne voulait plus l'utiliser.  Elle se secoua la tête, comme pour se sortir de ce rêve.  Cela ne fonctionnerait pas, tout ce qu'elle pourrait faire c'est reprendre un peu plus contact avec la réalité.  Sa respiration était difficile, profonde.  Comme la première fois.  Elle serrait les poing, comme la première fois.  Androméda ne pouvait regarder que le sol, coupable jusqu'à l'os, comme la première fois.  Elle était incapable de bouger, attendant le jugement.  Comme la première fois.

Elle qui avait passé son temps à juger les autres, maintenant, elle s'exposait de la sorte, avec un mince espoir d'en ressortir plus forte.  Déjà, elle avait eu à faire face à la honte, à la colère, à la tristesse.  Une gamme d'émotion variée et puissante qui l'habitait sans repos.  Cette tempête l'empêchait même de dormir, la seule évasion qui lui restait, mais ça personne ne le savait vraiment.
 
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Re: La croisée des chemins (RP avec Androméda Khaldun)

Message par Sissi le Dim 20 Sep - 22:25

- Merci d'être passé...

Relança-t-elle après un moment de silence. Androméda ne tenait à la vie que par le mince espoir que quelqu'un ferait quelque chose. Son espoir ne tenait plus sur Morato. Il était gentil, mais probablement pas assez fort pour pouvoir y faire quoi que ce soit. Et puis, bien malgré tout, son orgueil la tuerait. Tout comme Safa, sa mère, l'avait averti et qu'elle n'avait jamais voulu l'écouter. Elle payerait le prix fort. L'adolescente avait autre chose à penser maintenant...

La jeune Khaldun avait autre chose à oublier...
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